Un conduit de cheminée, raccordé à un équipement de chauffage au bois - de toute nature - est à faire ramoner deux fois par an.
Le Règlement Sanitaire Départemental Type, établi par les Préfets dans chaque Région s’ajoute aux décrets nationaux afin de préciser les conditions d’utilisation des lieux d’habitation. Ce document établit, en ce qui concerne l’entretien des conduits de fumée qu’ils « doivent être maintenus en bon état de fonctionnement et ramonés périodiquement » et précise que « ces opérations de ramonage doivent être exécutés par un maître ramoneur ».
Le ramonage est ainsi rendu obligatoire, mais sans en préciser la fréquence…
Ramonage obligatoire
Pour être parfaitement clair, le ramonage doit donc être effectué par un professionnel (une entreprise) dont c’est le métier.
Selon André Sanchez, ramoneur à Mâcon, « un ramoneur doit être titulaire d’un diplôme d’installateur de chauffage thermique ou de ramonage-fumisterie ». En règle général, préférez une entreprise inscrite à la chambre de commerce (le n° de SIRET – une sorte de n° de Sécurité Sociale des entreprises - valide cet enregistrement) et ne faites pas appel à des ramoneurs itinérants, incapables de fournir une quelconque garantie).
La notion de « bon état de fonctionnement » impose, en cas d’utilisation quotidienne de son appareil de chauffage au bois, deux ramonages par an. Le premier avant la période de chauffe, en août, septembre, octobre, le second durant la saison d’hiver alors que l’appareil est en fonction.
Pourquoi ?
Plusieurs raisons évidentes mènent à cette obligation d’entretien. - Si un feu de cheminée peut faire partir votre maison en fumée, c’est aussi un énorme risque d’accident physique qu’encourent les occupants d’une maison au conduit mal entretenu. L’intoxication due aux émanations de fumées (tout type de chauffage confondu, pas seulement au bois) est responsable de 300 à 400 morts par an et de plus de 7 000 hospitalisations.
- Du point de vue des économies d’énergie, il faut également savoir que le ramonage permet de gagner très fortement en terme de rendement. Un millimètre de suie, génère ainsi une perte de rendement de l’ordre de 6 à 8 % de l’appareil de chauffage. Son entretien est donc essentiel pour mieux chauffer.
Combien ça coûte ?
Très variable, le prix du ramonage d’un conduit de cheminée varie entre 40 à 70 euros. Des fluctuations sont également visibles entre la province et la région parisienne. Déplacement, qualification du ramoneur (s’il est ou non maître ramoneur) justifient aussi cet écart. Dans tous les cas, il faut exiger un certificat de ramonage qui validera le cas échéant le passage du professionnel. En effet, le ramonage n’exclut pas tout risque de feu de cheminée et dans ce cas, il faut pouvoir fournir à votre assurance le précieux certificat. Un défaut d’entretien de conduit de cheminée n’entraîne aucune sanction jusqu’à ce qu’un sinistre survienne. Un incendie engage la responsabilité de l’occupant et les assurances mèneront une enquête pour déterminer la cause exacte du sinistre. Ainsi, nous avons contacté Groupama qui déclare « ne pas exiger de certificat de ramonage. Cependant, en cas d’incendie, un expert est mandaté, s’il constate que la cause du sinistre est due à un mauvais entretien de la cheminée, une règle proportionnelle est appliquée pour l’indemnisation. Il faut que la cheminée soit entretenue, si l’occupant peut prouver qu’un professionnel est intervenu, ce sera la responsabilité du ramoneur qui sera engagée ». Mieux vaut donc faire appel à une véritable entreprise de ramonage…
L’avis du professionnel
André Sanchez dirige la société AS Ramonage à Mâcon en Saône-et-Loire.
« Le ramonage d’un conduit de cheminée bois est obligatoire deux fois par an. C’est une question de sécurité, car la plupart du temps les foyers sont surdimensionnés et les particuliers font brûler du bois de mauvaise qualité, pas assez sec. Tout cela favorise le dépôt de goudron, de bistre qui peut s’enflammer. Les flammes trop hautes et intenses sont aussi un gros facteur de risque. Si l’on fait brûler du bois de palettes, sec et résineux par exemple, cela fait des flammes terribles. En général, les gens effectuent un seul ramonage par an, au début de l’automne ce qui en terme de sécurité n’est pas suffisant. Faire appel à un professionnel est aussi un gage de sécurité, comme je suis aussi chauffagiste et enregistré à la chambre de commerce, mes clients bénéficient d’une garantie, je suis assuré en cas de problème. Les tarifs appliqués par l’entreprise varient de 60 à 68 euros en fonction du temps de déplacements. J’utilise un hérisson en nylon pour ne pas abîmer le conduit. Les bûches de ramonage constituent un complément par rapport au ramonage, elles ne peuvent le remplacer. Elles permettent de décoller des goudrons, mais ne garantissent en rien le particulier contre les risques d’incendie ».
Le détecteur de fumée
Cet appareil électronique très peu coûteux, moins de 15 euros, est à placer dans divers endroits de la maison au niveau du plafond. Il analyse l’air et est équipé d’une sirène d’alarme qui s’enclenche dès lors que de la fumée est détectée. 70% des décès dus aux incendies survenant la nuit, cet appareil permet de gagner un temps précieux et d’évacuer les lieux tout en appelant les secours avant qu’il ne soit trop tard. L’intoxication due aux fumées est également la 2e cause d’accident mortel chez les enfants de moins de 5 ans.
La loi impose normalement de disposer d’un tel appareil chez soi…





