Le bois de chauffage est-il réellement responsable de la pollution ?

Le bois de chauffage et la pollution

De nombreuses agglomérations en France et en Europe, ont traversé ce mois de décembre un épisode de pollution hivernal exceptionnel. Cet épisode est l’un des plus forts de ces dix derniers hivers en s’inscrivant dans la durée et dans l’intensité.

En Ile-de-France par exemple, deux facteurs expliquent ces niveaux de pollution rencontrés dans  des conditions météorologiques particulièrement favorables : les émissions locales de pollution en provenance majoritairement du trafic routier dense de la région, auquel s’est ajouté le chauffage au bois (utilisé dans de mauvaises conditions). En effet, avec des vents très faibles et une inversion des températures, les professionnels de la qualité de l’air constatent une accumulation des particules fines dans la basse atmosphère. Certains analyseurs de la qualité de l’air d’Airparif permettent de connaître, en temps réel, la composition chimique des particules et ont montré cette origine locale liée notamment à la combustion.

Loin du trafic automobile et des axes routiers et uniquement dans ce cas (Airparif, dans l’agglomération parisienne en général), la contribution du chauffage au bois dans les émissions de particules fines PM 2,5 (diamètre inférieur à 2,5 micromètres) est de 7 à 8 %, donc identique aux émissions du trafic routier.

Du point de vue des émissions de gaz à effet de serre, le bois est de loin l’énergie la moins polluante (5 fois moins que le gaz). Il faut prendre en considération que le CO2 dégagé par le bois est compensé par la replantation des arbres qui absorbent le dioxyde de carbone lors de leur croissance. Le bilan en matière de pollution atmosphérique s’avère en revanche plus problématique. La combustion du bois émet en effet divers éléments polluants, dans des proportions différentes selon le type de foyer utilisé (foyer ouvert ou foyer fermé) et selon la qualité du combustible (bois sec ou non).

Pour moins polluer, brûlez malin !

Le bois de chauffage a été beaucoup décrié ces derniers temps, voire désigné comme responsable de la vague de pollution. Cependant, ce n’est pas le chauffage au bois qui pollue, mais plutôt la manière dont le bois est brûlé, la qualité du combustible et le type d’appareil utilisé.

  • Un appareil de chauffage performant

En effet, le chauffage au bois est d’autant plus polluant que la combustion n’est  pas correctement contrôlée et pas complète, ce qui est le cas des foyers ouverts (ex : cheminées). A titre de comparaison, l’utilisation à plein régime d’une cheminée comme chauffage au bois pendant une journée équivaut, en émissions de particules, à environ 3.500 kilomètres parcourus par un véhicule roulant au diesel ou encore 2 semaines de chauffage d’un logement équipé d’une chaudière à bois performante.

Les émissions de particules proviennent très majoritairement de vieux appareils domestiques à foyer ouvert comme les cheminées traditionnelles. Selon l’Ademe, le parc domestique d’appareils de chauffage au bois en France serait constitué pour moitié d’équipements « non performants », comme les foyers ouverts datant d’avant 2002. Il est conseillé de transformer ou de remplacer votre cheminée traditionnelle et  de choisir un appareil dernière génération à haute performance énergétique, mais aussi respectueux de l’environnement. Pour preuve, un appareil labelisé Flamme Verte 5* émet 30 fois moins de particules dans l’air qu’une cheminée à foyer ouvert.

Tableau foyer ouvert- fermé* en kg/an, en usage principal ** avec une valeur limite d’émission des particules de 50 mg/Nm3 (source ADEME 2013)

  • Un combustible de qualité

Pour limiter l’impact de votre chauffage au bois sur la qualité de l’air, avoir un appareil régulièrement entretenu, performant et labélisé n’est pas suffisant, il est essentiel d’utiliser uniquement du bois et du bois sec avec un taux d’humidité inférieur à 23%. Les résineux, les bois de récupération ainsi que d’autres matériaux (papier, carton, plastique) qui peuvent être très toxiques (encre, produits fossiles, etc.), sont à proscrire. Par ailleurs, le brûlage à l’air libre (végétaux d’élagage, déchets de jardin, détritus, etc.) est interdit et peut être sanctionné par une contravention de 450 €. Il contribue à la détérioration de la qualité de l’air. Des solutions plus respectueuses de la santé et de l’environnement existent pour vos déchets verts : collecte en déchetterie, compostage, broyage. Pensez également au ramonage 2 fois par an, à l’isolation de votre habitat et à l’allumage du feu par le haut.

 

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